Transat-épisode 5-« dorade et roulis »

 » Roulis et Dorade Coryphène « 

Dès le départ, j’avais ressenti les effets du roulis. Le « mercalm » avait juste atténué la nausée qui ne devait pas me quitter durant les 7 premiers jours. Thierry subissait les mêmes effets à la suite d’un manque de sommeil, dû à la proximité de sa cabine avec le pilote automatique dont les grincements et claquements métalliques nous cassent les oreilles en permanence. Le bateau, dans son ensemble grinçait. Les tiroirs et rangements, la vaisselle, tout était balloté régulièrement de droite à gauche . A chaque série de vagues, le barreur devait contre balancer la déferlante . Je cherchais tous les moyens pour me soulager, du gingembre dans le thé au bonbon à la menthe. Rien à faire. Malgré les quarts passé à la barre, la nausée ne me quittait que lors de mes repos en couchette…quoique ! Céline nous préparait des plats délicieux et comble du luxe, Ysé dégustait les Exocet venus s’écraser sur le pont du bateau. Du poisson volant à chaque repas ! La pêche devait nous combler.

dorade coryphène et exocet

Nous avions décider de mouiller 2 lignes avec des leurres en forme de poulpe munis de crochets double. 50 mètres derrière le bateau, nous inspections régulièrement leur état, espérant toucher du gros poisson. Dans ces eaux, nous avions toutes les chances de trouver de la Dorade coryphène voir de la Bonite… C’est au lendemain de quitter Hierro, le bateau naviguant dans un vent soutenu de 15/ 20 noeuds au portant sous génois que nous ramenions 2 magnifiques dorades coryphènes ! Mahi Mahi dans le Pacifique, ces poissons combatifs dont la couleur peut changer tel  le caméléon, semblaient sortir d’une fiction …de jaune vif au vert  en passant par le gris bleu lors de son dernier souffle, comme une explosion de couleurs vives dans un désert aux reflets bleus monochrome !

solitude

 » Solitude « 

Au milieu de l’Atlantique et loin des routes commerciales, les rencontres se font rare…l’océan vous offre une hospitalité très relative. La faune semble absente, le ciel d’un bleu infini donne à la mer des reflets  indigo, la houle se creuse . Au sommet des vagues, l’écume blanchie l’horizon. Aucun chant. Le temps devient très élastique, seul nos instruments nous ramène au monde cartographié , nos téléphones devenus muets nous coupent définitivement de nos familles. Hors de l’agitation des réseaux, nous commençons d’apprécier la chance et la volonté de naviguer dans ces contrées. J’imagine le doute des premiers explorateurs en quête d’un nouveau monde… Alors, cette ligne tendue et ce leurre sonnent comme une tentative de communion. La mer daigne vous nourrir. OUEST-NORD/OUEST

prochain épisode : rêves et cauchemars

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