Transat-épisode 4-« Larguez les amarres »

 » Larguez les amarres  » 

le voyage

Sous le soleil, le ponton s’anime. Ils  sont encore quelques uns à chercher un embarquement. Réunis dans leur quête, ils arpentent la marina et repèrent ceux qui voudrait bien d’eux pour une traversée. Malgré leur jeunesse, certains de ces équipiers de fortune ont déjà bien navigué mais dans le cadre du convoyage, notre bateau ne peut s’offrir à l’inconnu. Au loin sur la plage, une tente encadrée de palmiers s’agite au vent et  semble enracinée pour longtemps. Un ferry s’échappe du port…

Et puis un matin, rempli d’eau et de gazole nous larguons les amarres pour laisser Las Palmas dans sa torpeur. Au moteur, direction le Nord de l’île pour passer tribord amure dans l’archipel des Canaries où nous laisserons Tenerife à notre droite. Roule bateau roule

Passé la pointe de l’isleta,  le vent souffle Nord/Est, la mer a des reflets  » bleu acier », la côte est magnifique. À l’horizon, au delà des nuages, émerge le pic du Teide , tel un téton gigantesque ! En cette fin d’après-midi le spectacle est total. De nombreux dauphins  s’amusent dans le sillage du bateau. Flip Flop Flip Flop ! Pour notre bonheur, nos amis bondissent en un spectacle endiablé où il fait bon se frotter à l’étrave et surfer les crêtes de vague.    

 » Clair de lune « 

Pour cette première nuit de navigation, je redécouvre la voie lactée. D’une limpidité sans pareille, la Lune nous accompagne et nous guide. Le compas à demi éclairé roule sur son axe au rythme de la houle, par série de 3, les vagues déferlent et viennent se glisser sous le bateau. A la barre, les 25 tonnes du bateau chaloupent…gare à l’empannage ! le vent fraîchit, nous naviguons dorénavant sous génois en mode « short sheet », ce qui stabilise la voile au vu du roulis. Roulis…roule bateau roule

 » Arrêt buffet à Hierro « 

Hierro- archipel des canaries

Première matinée dans l’archipel. En inspectant le moteur, Vincent constate une panne de refroidissement  moteur. Nous profitons de la proximité de l’île El Hierro pour nous arrêter et faire le point . Pendant que nos mécanos évaluent le moyen de réparer le circuit de refroidissement du 140 cv Volvo, j’en profite pour mettre pied à terre. Les maisons du port semblent repoussées au bord du rivage, la terre et le sable sont noirs de lave,  les cactus semblent jaillir du sol, l’endroit est désert… les pêcheurs reviennent la cale remplie de thon albacore. Les pics sont de sortie pour décharger la cargaison…des siècles sont passés, le poisson est toujours au rendez vous ! Dernière île de l’archipel,  nous laissons Hierro « dame de fer » sous le soleil couchant .

La traversée peut commencer !

prochain épisode : Roulis et Dorade Coryphène

 

Transat-épisode-3- « Destination Martinique »

 » Destination Martinique « 

Après 3h d’avion nous atterrissons à Las Palmas, archipel des Canaries, dernière étape avant les alizés  et la traversée vers les Amériques.

marina Las Palmas

Notre bateau nous attend à la Marina. En provenance d’Italie,   » Dotoméa  » ( sister-ship de Charles Heidsiek III en version croisière ) fait ses 25/30 tonnes d’aluminium, 1500 litres d’eau et 1000 litres de gazole…c’est un beau bateau de 60 pieds qui fête ses 34 ans. Il aurait appartenu pendant des années à la couronne d’Espagne et le nouveau propriétaire « La Route Salée » (association dédiée à l’exploration)  souhaite le voir naviguer dans les caraïbes et les mers australes. Nous naviguerons sous pavillon NED.

 » état général « 

Le ponton est blindé de bateaux. Au loin les grands cargos, portes containers, pétroliers attendent leurs pilotes…2 paquebots aux allures de villes flottantes livrent leurs touristes au tour-operator, des navires de forage surmontés de derricks se dressent en arrière plan, le décor est planté. Las Palmas, se languit en cette fin d’après midi. Tiens,  le voilà notre bateau. Sa robe bleu marine flirte langoureusement avec le ponton sous l’admiration des skippers amoureux de sa croupe en forme de jupe.

Un petit saut et hop nous voici, dans le cockpit !

Un grand carré, des bois vernis, un tableau de bord extra-large, des banquettes très chic, cela respire la croisière grand confort. Cependant le bateau nous parait sale. Il semblerait que le dernier occupant soit parti  dans la précipitation…les couchages, la cuisine, les toilettes sont négligées. Vincent et Céline surpris par le désordre se mobilise immédiatement pour redonner du lustre et nous voici tous engagés pour un ménage général. Plus tard, je choisis la chambre face à la suite du capitaine, Frédéric se pointe à l’avant et Thierry à l’opposé non loin de la cuisine. A Chacun sa petite intimité, c’est parfait !

 » Préparation du bateau « 

préparatifs

Céline, tout comme Vincent, possède une riche expérience maritime. Ils ne se quittent plus depuis leur rencontre sur Tara où elle gérait la logistique et l’avitaillement des marins. De suite, elle commence à explorer les compartiments  et d’évaluer le stock de nourriture à bord…plus tard, les commissions nous serons livrées avec tout le nécessaire pour vivre une vingtaine de jours à 6 : 150 litres d’eau de source, des conserves, légumes et  fruits frais, du chocolat, des biscuits …la liste est longue ! Cependant il nous faut viser l’ensemble du bateau avant de partir, et très vite, nous comprenons que plusieurs jours seront nécessaires  avant de mettre les voiles !

Tout doit être totalement vu et corrigé, si nécessaire.

Vincent inspecte tous les organes du voilier: Du mât à l’accastillage,  de la barre à roue au tableau de bord, de l’électricité aux pompes, du générateur au moteur, des extincteurs aux gilets de sauvetage, les outils avec les outils, les poulies avec les poulies… tout est à réviser.

Evaluer nos besoins et ce qui manque.

S’ensuit  de nombreux aller/retour chez le shipchandler, véritable camelot du navigateur d’où résonne les demandes les plus variées,  le tout dans un brouhaha d’Anglais mâtiné de Portugais, d’Espagnol, d’Italien et de Français. Un monde en soi

Trouver une clavette (jeu dans la barre), resserrer les courroies, changer les filtres, remplacer la rotule du pilote, dépanner l’alimentation de la planche de bord, insérer un Pc pour le logiciel Iridium de navigation, fixation de l’annexe et essais des moteurs hors bord, faire le propre dans les fils électriques, les  épissures, les dominos surchargés de fils multicolores… la pompe des toilettes de Thierry…installer le filet de sûreté pour notre infante Ysé .

Nous partons demain !

prochain épisode : larguez les amarres 

 

Transat-épisode-2- « Partir »

 » Partir…oui ! mais quand ? « 

Il n’y a pas de meilleur moment…Si ce n’est de partir  dans les meilleures conditions de navigation : un bateau sain, un équipage cohérent et un maître de bord confirmé . 

Le temps passe…des mois, des années …mais comme la décision est prise, un jour l’opportunité se présentera  et il faudra la saisir !…Au moment des alizés, quand le vent vous porte d’EST en OUEST.  

un vieux rêve de Vauriens

 L’heure a sonné !

Frédéric réside maintenant depuis longtemps à Quiberon.  « les pieds dans l’eau« , il navigue régulièrement sur un 11 m, son expérience s’enrichit de cabotage en cabotage mais avant de se lancer dans de plus longues navigations en équipage,  il souhaite me faire profiter de l’expérience d’une traversée en compagnie d’un « Professionnel ». 

Vincent est un marin confirmé. Il a gagné la Fasnet en équipage avec Gery Trenteseaux , participé à plusieurs expéditions sur TARA  et possède le Capitaine 500. Sa passion le pousse toujours vers les horizons plus divers avec le souci de la maîtrise et de rigueur inhérents à la navigation océanique…Pour gagner sa vie il lui arrive de convoyer des bateaux : « amener un bateau d’un point A vers un point B », dit il et sans encombre. Le genre de marin que l’on sollicite pour des missions délicates…de confiance !

…On part dans 10 jours

Frédéric et lui ont déjà navigué ensemble et ils sont tout deux Quiberonnais… quand Vincent le sollicite pour une transat en ce mois de Janvier 2018, Frédéric ne se gratte pas la tête très longtemps et accepte la proposition, d’autant plus qu’il s’agit de naviguer des Canaries vers la Martinique, sa destination préférée quand l’hiver est vraiment trop long. Dans la foulée, il me téléphone pour savoir si je suis libre de partir dans 10 jours ! Je lui rappelle l’avoir averti qu’il me fallait 15 jours pour me retourner mais là inutile de tourner le dos au destin. L’équipage sera composé de 5 marins. Vincent, sa compagne Céline et Ysé leur fille de 13 mois, Frédéric, Alexandre et… Thierry.

Thierry est un habitué des raids 4×4, un « Toyota » pur jus, un très bon mécano et surtout,  il a partagé avec Frédéric plusieurs traversées du Sahara. 3  amis, un couple de marins et une enfant de 13 mois nommée Ysé, voici notre équipage !

l’équipage

prochain épisode : destination Martinique 

Transat-épisode-1- « la grande évasion »

 » La Grande Evasion « 

Bien avant de rêver d’une traversée de l’Atlantique, je m’étais de nombreuses fois aventuré dans les mers lointaines. J’avais dû affronter tempêtes, mutineries, avaries. Grimper au sommet des cocotiers, séduit les vahinés, déjoué les ruses des pirates et décrypté la carte au trésor …YoHoHo et une bouteille de Rhum !

Stevenson et Tabarly
 » il n’est nullement irrationnel d’imaginer que, dans une existence future, nous puissions considérer cette vie comme un songe  » Edgar Allan Poe

Je traversais les histoires des plus formidables et épouvantables avec  Stevenson et Long John Silver (île au trésor), je m’endormais au souvenir  du sinistre capitaine Bligh  dans  » les révoltés du Bounty  » aux dossiers de l’écran . Le journal télévisé vantait le courage d’un marin français face à la perfide Albion :  Eric Tabarly sur Pen Duick VI venait de gagner la transat anglaise, le vent dans le nez, au bout de 5 dépressions et d’un pilote automatique en panne !

Il faut dire qu’à cette époque, nous habitions dans le bassin minier, du coté de Lens. Dans un paysage hors du commun, les terrils dominaient l’imagination tout en me laissant entrevoir une aventure plus lointaine.

paysage lensois

Sous la terre des hommes invisibles ramenaient au péril de leurs vies un trésor sombre et noir, le charbon.

Alors les jours de brume, entre copains, c’était à celui qui serait le plus original.  » et toi , tu voudrais faire quoi un jour ?! »  « je voudrais bien traverser l’océan Atlantique ! » Je n’étais pas le seul…

 » Optimist et Vaurien  » 

Alexandre et Frédéric

 L’été, les vacances, la plage. En cette fin des années 60, mon père nous offre la chance de pouvoir découvrir,  la mer et la voile du coté du golfe du Morbihan. Quoi de mieux, qu’un Optimist pour apprendre à naviguer en solitaire !  D’autres ont l’opportunité  de naviguer en baie de Quiberon. Frédéric et son grand père  naviguent sur un Vaurien. Commandé  aux Glénan et de fabrication Costantini,  c’est le meilleur bateau à disposition pour découvrir les plaisirs de la voile ! Frédéric, à l’époque Lensois tout comme moi, fait partie de ceux pour qui l’océan est un terrain de jeu comme un autre, il suffit de se donner les moyens pour l’explorer !

Alors quand des années plus tard, nous nous sommes retrouvés pour naviguer et régater en Vaurien, nous n’avons pas traîné pour aborder notre objectif commun : la traversée de l’Atlantique !

 

prochain épisode : Partir

V STAR Extreme Geometry

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voile vstar ned

Derniers nés des jeux de voile en mode « Dazzle »,

la V.Star est conçue pour donner une allure dynamique et agressive sur le plan d’eau .

Diagonale traversante, ruptures… le foc et la grand voile s’harmonisent au prés serré pour subjuguer en vent arrière !

VStar dédiée aux anti conformistes et aux amoureux de la Voile !

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vstar ned

Projet MEDUSA

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Medusa ned

 

L’objectif est de méduser,  de surprendre et de porter un nouveau regard sur les voiliers… Pendant la guerre de 14/18, alors que la flotte Anglaise est torpillée systématiquement par les sous marins Allemands, l’amirauté fait appel au peintre Norman Wilkinson afin de trouver un moyen disruptif de contrecarrer l’offensive des U-boote. L’artiste propose de transformer totalement l’apparence du navire à l’aide de ligne et de motifs. Un Dazzle ship. Éblouissant tel un papillon…

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Norman Wilkinson- Dazzle 
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dazzle ship

« L’objectif n’est pas de dissimuler le navire, mais d’empêcher l’adversaire d’identifier avec précision le type de navire, ses dimensions, sa vitesse et son cap. Son efficacité repose sur l’illusion d’optique créée par des motifs entrecroisés, qui perturbent la vision d’un observateur utilisant un télémètre mécanique (outil utilisé par l’artillerie navale pour évaluer la distance de tir). En pratique, un observateur serait incapable de déterminer s’il voit la proue ou la poupe, et il lui serait tout autant difficile de dire si le navire se rapproche ou s’éloigne. »

Ce subterfuge se montrait surtout efficace pour contrer la menace des sous-marins, leurs périscopes étant équipés d’organes de visée similaires à ces appareils. De surcroît, certains motifs représentaient une fausse vague à la proue, afin de rendre plus difficile l’estimation de la vitesse.

uboot
uboot-dazzle ship

Ce procédé fut reconduit lors de la seconde guerre mondiale par la marine américaine afin de protéger des zones de mouillage de l’observation aérienne …l’arrivée et la sophistication des radars mis fin à cette stratégie de défense devenue désuète.

 

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medusa-ned
deco ned
medusa ned

 

« Le projet Médusa » s’inscrit dans une démarche disruptive qui vise à non pas à brouiller mais à stimuler le regard porté sur les bateaux et principalement les voiliers. A la différence des navires de guerre et de commerce, les voiliers possèdent un gréement plus ou moins complexe dont la géométrie évolue selon les allures du bateau. Le dessin ou motif se verra transformé selon que le bateau navigue au près, au portant, sous spinnaker et que l’on observera de coté ou de face…ainsi l’objet se métamorphose au regard de celui qui l’observe .

NED.bzh  propose de décorer les bateaux en tenant compte de ces observations et d’ainsi renouveler la personnalisation des navires en terme artistique, de groupe, de fonction, tout en respectant l’architecture du navire.

VISIBLE avec NED !

le projet « Médusa » tire son titre du bouclier peint par Le Caravage

Snipe Xpérience in progress

Le SNIPE

De part son gréement et l’utilisation du foc* le Snipe offre pas mal d’opportunités en terme de décoration des voiles.Ici je m’attache à mettre en valeur le bateau et sa dynamique par un graphisme épuré dans la tradition de la voile légère. La bécasse (snipe en américain) sera orienté légèrement vers le haut pour retrouver l’essence du logo. Le Snipe est un design de WF Crosby.1931. AlexandreJacquinot. August 2017

 

  • le Foc est tangoné en mode « ciseau » sous vent arrière, d’où la silhouette très originale du bateau.